Lancé en 2012, le Programme d’Investissements d’Avenir AKER a pour objectif d’améliorer la compétitivité de la betterave par rapport à la canne en doublant le rythme de croissance annuelle de son rendement en sucre par hectare.

En 2018, AKER entre dans la phase active du phénotypage (évaluation des caractères) des 3 000 génotypes issus du programme de sélection - croisements des 15 plantes de référence avec du matériel élite, rétrocroisements en deux générations avec le matériel élite, autofécondations puis hybridations.

Un programme de phénotypage implanté sur 63 000 parcelles

Le programme de phénotypage au champ mis en place en 2018 sur 63 000 parcelles d’essais consiste à évaluer les 3 000 génotypes sur la base de certains critères de sélection :

  • Le rendement en sucre/hectare

Le rendement en sucre/hectare est la résultante de la teneur en sucre de la betterave (richesse), du poids de sa racine (rendement racine) et de sa teneur en sucre blanc extractible (analyse du sodium, du potassium et de l’azote alpha-aminé). Ces essais rendement sont conduits par Florimond Desprez sur 6 plateformes réparties dans le Nord Bassin Parisien.

  • La dynamique de croissance

Deux de ces plateformes vont être suivies par drone pour estimer la cinétique de la végétation : taux de couverture, surface foliaire, quantité de chlorophylle et quantité d’azote dans les feuilles. Quatre séquences de mesures sont réalisées de mai à juillet 2018. Ces travaux sont conduits par l’ITB.

  • La montée à graine

La betterave est une plante bisannuelle qui se reproduit la deuxième année. La montée à graine est provoquée par la vernalisation. Un semis très précoce va permettre d’exprimer la montée à graine et donc d’éliminer les plantes sensibles. Des observations sont conduites par Florimond Desprez sur deux plateformes situées sur la côte d’Opale.

  • Les maladies foliaires

La tolérance/résistance de la betterave aux maladies foliaires, en particulier la cercosporiose, l’oïdium, la forte pression rhizomanie, constitue un point d’attention pour l’obtention de nouveaux matériels génétiques performants, dans un contexte de réduction/suppression des produits phytosanitaires pour ces maladies foliaires. Des observations sont conduites sur le développement de ces différentes maladies.

  • La conservation

L’allongement des durées de campagne betteravière, conséquence de la suppression des quotas et de l’amélioration de la productivité des outils industriels de transformation, a des incidences sur la qualité de conservation des betteraves après arrachage et avant transformation en sucrerie. Florimond Desprez a mis au point une méthodologie prédictive de la qualité de conservation des racines par des analyses physiques réalisées au laboratoire.

Des outils innovants mis au point dans le cadre du programme

 Des outils de phénotypage au champ ont été mis au point en conséquence par Irstea et l’ITB : une sonde de contact (non-invasive) miniaturisée SCIO pour mesurer la teneur en sucre et la matière sèche au niveau du collet de la betterave ; des caméras RGB et multispectrale embarquées sur un drone pour mesurer la dynamique de la couverture foliaire.

Parallèlement, l’INRA, le GEVES et l’Université d’Angers ont mis au point un protocole de phénotypage des semences et des plantules des 3 000 génotypes, à partir des différents outils et méthodes de phénotypage constamment améliorés et éprouvés tout au long du programme AKER (banc de germination Multicam, tomographie, Biospeckle, IRM, imagerie visible Eloncam, thermographique, hyperspectrale).

 Un booster d’innovation répondant aux aspirations de la filière

Le programme AKER vise « l’innovation compétitive ». Il constitue un booster d’innovation, répondant aux aspirations de la filière qui souhaite continuer à bénéficier du progrès génétique pour améliorer sa compétitivité. AKER va apporter du matériel génétique non OGM remarquable qui va venir irriguer les futures variétés de betteraves, à partir de 2020 et pour longtemps. AKER apporte également dès à présent des outils et des méthodes de sélection innovants à disposition des acteurs de la filière.

 Un changement de paradigme dans le domaine de la recherche betteravière

Le programme AKER correspond à un changement de paradigme dans le domaine de la recherche et de la sélection betteravière, sous-tendu par plusieurs affirmations : AKER ne s’intéresse pas seulement au rendement mais à toutes les composantes du rendement pour en assurer la robustesse ; AKER fait de la prédiction en ayant mis en place le programme de génotypage avant le phénotypage ; AKER gère la variabilité utile en allant rechercher la diversité génétique dans des populations sauvages ; AKER va permettre de diviser par deux le temps de réactivité de la sélection afin de s’adapter plus rapidement aux nouvelles demandes de la filière ; AKER ne répond pas seulement aux questions d’aujourd’hui, mais apporte des éléments pour construire les réponses aux questions de demain.

 Une contribution dynamique pour une agriculture moderne

La betterave a bénéficié depuis le XIXème siècle des joyaux de la recherche publique et privée, et des efforts de tous les acteurs de la filière, et le programme AKER s’inscrit au XXIème siècle dans cette dynamique vertueuse.

AKER apporte sa contribution scientifique positive et innovante pour une agriculture productive, respectueuse de la santé et de l’environnement de nos concitoyens. Le programme met à disposition de la société la passion de ses 80 chercheurs qui ont appris à travailler ensemble durant 8 années dans une approche collaborative. AKER utilise les plus hautes technologies (génétique, numérique, robotique, bio-informatique…) au service de l’agriculture dans le respect des réglementations en cours (non OGM) et avec le souci des évolutions nécessaires (génétique vs phytosanitaire, abandon des néonicotinoïdes, etc.).

Concrètement, le bénéfice que peuvent attendre le consommateur et le contribuable du programme AKER réside dans le fait de contribuer à produire localement un sucre de qualité à partir de la betterave. Cette production est à comparer à celle qui provient de la canne à sucre qui utilise par exemple 4 fois plus d’eau par quantité de sucre produit et par unité de temps. Elle pérennise d’une manière durable une filière et des emplois sur le territoire français et européen, dans des conditions économiques satisfaisantes pour le producteur et le consommateur.

Pour Christian HUYGHE, directeur scientifique Agriculture INRA, chef de projet, « le programme AKER va répondre aux défis de la compétitivité de la filière betterave-sucre, en prenant en compte les nouveaux enjeux environnementaux et sociétaux ».

Selon Bruno DESPREZ, président de Florimond Desprez Veuve & Fils, président du Comité de Coordination, « le programme AKER correspond à un changement de paradigme dans le domaine de la recherche betteravière. Il nous donnera les moyens de répondre à l’avenir à de nouvelles questions, en améliorant notre réactivité ».

Chiffres clés

 15 plantes de référence

40 millions de données moléculaires

8 km de cages d’hybridation

3 000 génotypes sélectionnés

63 000 parcelles de phénotypage

11 partenaires

80 chercheurs

18,5 M€ de budget (dont 5,5 M€ d’aides de l’Etat)

 

Contact presse : Philippe Pelzer Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 06 50 17 05 29 www.aker-betterave.fr

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